Militens

Une recherche sur le rapport à l’engagement des enseignants et l’impact du militantisme

Entre 2014 et 2019, l’enquête Militens a montré la persistance de l’engagement enseignant. Centrée sur l'objet syndical, mais abordant aussi l'investissement dans les associations, elle a analysé ce qui prédispose à l'engagement : représentations politiques, sociabilité, socialisation etc.

Un questionnement sur les formes contemporaines du militantisme et leur impact est à l’origine de cette recherche. Les militants sont des interfaces entre le syndicat et les enseignants, auprès de qui ils incarnent l’organisation. Si l’adhésion passe par le contact, paradoxalement, le syndicalisme enseignant n’est pas vraiment un syndicalisme de proximité. Beaucoup d’établissements étant dépourvus de militants, le travail syndical quotidien se fait surtout dans un local et auprès des administrations.

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J'ai fondé cette recherche avec trois syndicats de la FSU (SNUipp, SNEP et  SNES).

 

Elle  comprend un questionnaire représentatif, rempli par 3 278 enseignants du premier et du second degré. en collaboration avec la DEPP (service statistique du ministère) et un laboratoire de sciences politiques, le CERAPS /Université de Lille.

 

Avec Gérard Grosse et Georges Ortusi, nous avons publié une première synthèse des résultats.

 

Divers travaux continuent d'utiliser le matériau accumulé.

L’analyse de la syndicalisation a été déclinée en deux thèmes complémentaires :

  • Le regard des enseignants sur l’organisation, les raisons qu’ils ont de se syndiquer ou non, et plus profondément leur rapport à l’action du syndicat,

  • L’activité déployée par le syndicat en direction de sa base, ses stratégies pour convaincre, recruter et fidéliser les enseignants.

Sur le plan théorique, cette recherche entend contribuer à la réflexion sur l’engagement contemporain et s’inscrit dans le sillage des nombreuses études américaines sur les démarches d’organizing.

Phase qualitative

L’équipe a procédé à une centaine d’entretiens approfondis avec des enseignants du premier et du second degré et à une série d’observations ethnographiques de réunions syndicales.

Il s’agissait de mieux comprendre les manières d’agir des syndicalistes pour répondre à des défis tels que le renouvellement générationnel, l’articulation entre engagement pour l’organisation et aspirations personnelles, les difficultés de syndicalisation… Cette recherche action s’est appuyée sur les équipes locales qui ont accueilli les chercheurs, les ont invités à leurs réunions, les ont aidé à contacter des enseignants, syndiqués ou non.

Sections concernées :

  • SNES (académies d’Aix-Marseille, Orléans-Tours et Rouen),

  • SNUipp (départements du Bas-Rhin, des Bouches-du-Rhône et de la Somme),

  • SNEP (académie du Nord-Pas de Calais, département de la Loire)

Phase quantitative

Sous la responsabilité scientifique de Laurent Frajerman et Jean-Gabriel Contamin (CERAPS). Les 300 variables du questionnaire avaient pour objectif d’analyser les relations entre les visions du monde des enseignants, leurs rapports au métier et à l’action du syndicalisme enseignant.

Les réponses ont été recueillies entre mai et décembre 2017, à partir d’un échantillon aléatoire stratifié de 13 000 enseignants fourni par la DEPP. Le CERAPS a procédé à des rappels par mail et par courrier. Le taux de retour est de 25 %. Aucun biais ni problème de cohérence n’a été décelé. Le taux de syndicalisation des répondants correspond globalement aux données dont dispose l’équipe.

Pour le traitement de l’enquête, la proportion des professeurs d’EPS a été multipliée par trois pour obtenir une base suffisante (420 réponses). L’échantillon du Nord Pas de Calais est également plus important pour faciliter la comparaison avec l’enquête Engens (CERAPS 2007). Lors des traitements statistiques, un redressement permet d’avoir un échantillon fidèle.